Gustave Marie Eugénie, marraine de l'Agenda 21

Gustave Marie Eugénie

Madame Gustave Marie Eugénie née Alie est venu au monde dans la section de Chazeau aux Abymes. Professeur agrégé de Science de la Vie et de la Terre, coordonnatrice au niveau de l’académie pour la prévention des risques sismiques et mère de trois enfants, elle a pour loisir la marche, le cinéma, la couture. Diplômée de troisième cycle universitaire en phytothérapie elle préside l’association des plantes médicinales et aromatiques de la Guadeloupe.

 

1- Quelles sont vos actions en matière de Développement Durable ?

J’ai été sollicitée par des amis en 2006 pour créer une association qui prend en compte l’environnement. Cette association avait été créée afin de mettre en valeur l’agriculture écologique et paysanne des pays de la Caraïbe. Mais si je me suis retrouvée la c’est parce qu’au collège je n’ai jamais fait marche arrière j’ai animé des clubs de nature environnement, des projets d’actions éducatifs qui tournent autour de la prise en compte de la biodiversité locale, du Canal des Rotours et de la Mangrove.

Le samedi matin alors qu’il n’y avait pas cours je partais avec les élèves me balader à Point-à-Retz et cela m’a permis de faire découvrir aux élèves les savoirs de la botanique. Ma motivation première était de transmettre et montrer que nous sommes ancrés dans un environnement, une biodiversité. Les enfants m’ont aussi apportés bien des choses à travers les différents projets d’actions éducatifs tels que la journée de l’arbre ou les actions menées autour de la prise en compte de la gestion des déchets au collège.

2- Comment pratiquez-vous le développement durable au sein de vos activités ?

Etant présidente de l’association APLAMEDAROM je suis dans mon élément. Ayant obtenu mon diplôme universitaire de troisième cycle en phytothérapie, je fais de la botanique de terrain en tenant compte des objectifs de l’association qui sont de connaitre, mais aussi de faire connaitre les plantes médicinales du terroir les rimèd razié, et de transmettre les savoirs traditionnels qui sont notre patrimoine. Notre médecine traditionnelle se perd faut qu’il y ait des gens qui étudient et qui font des rencontres pour en parler.

L’association me conforte au niveau de ma formation initiale mais me permet d’aller plus loin parce que je ne fais pas seulement de l’identification botanique mais je rencontre aussi des personnes qui sont dans le patrimoine traditionnel qui m’indiquent à quoi sont utiles certaines plantes. Il ne faut pas oublier que 65 à 70% des médicaments copient les molécules chimiques de la nature. 

Lorsque j’interviens je vante l’intérêt de pérenniser les jardins créoles et je suis pour l’apprentissage de la fabrication du composte.

3) Quels sont les éléments déclencheurs qui vous ont poussés à être un acteur engagé ?

Je ne pouvais enseigner des choses pour rester dans le théorique. Après la théorie il me fallait passer à la pratique. La vie associative m’a permis de m’impliquer et d’être plus engagée. Quand on est dans une association il ne faut pas être passif mais actif.

4) Que pensez-vous de la démarche de Morne-A-L’eau d’entreprendre son agenda 21 ?

C’est une initiative moderne qui pousse la municipalité à tenir compte à 100% du cadre dans lequel nous vivons et de pouvoir tirer partie de notre environnement. Elle permet aussi de se projeter dans l’avenir. Nous progressons nous avançons. Les milieux changent et nous les changeons. Comment pouvons nous le changer dans une perspective de développement durable et pour que ce changement puissent aussi bénéficier aux générations futures ? Donc c’est très bien.

5) Comment vivez-vous le fait d’être marraine de l’agenda 21 ?

Si on me sollicite pour un projet qui nous fais avancer je répond présente. On devrait pouvoir avancer en équipe compte tenu des objectifs donnés. Faudrait qu’on puisse se rassembler et cela quelque soit notre parti politique.

6) Quels conseils pouvez-vous donner à la population afin qu’elle intègre la pratique du développement durable ?

Faut que la population puisse voir ce que l’on peut tirer de notre environnement de façon pérenne. Que les gens prennent conscience que même dans un petit espace près de chez eux, ils peuvent planter des « zèb maltèt », de la citronnelle, un pied de dattiers. Ce sont des choses qui donnent satisfactions. Que dans les quartiers on puisse lancer un projet commun de plantation de jardin créole. Qu’il y ait des programmes de découverte des mares. Qu’on puisse recenser les vestiges de notre histoire et petit à petit les valoriser autour de parcours de découverte.